Elle n’avait pas caché son avis sur la question. Ce mardi, Catherine Deneuve est co-signataire d’une tribune fustigeant les mouvements anti-harcèlement sexuel au travail et dans l’espace public lancés après le scandale de l’affaire Weinstein à Hollywood.
Coup de tonnerre à Hollywood. Au début du mois d’octobre 2017, le producteur le plus influent d’Hollywood pendant des décennies, Harvey Weinstein, est limogé après des accusations de harcèlement sexuel. Au début du mois de novembre, la liste des victimes s’est allongée et 93 femmes accusent le producteur, 14 d’entre elles de viol. Grâce à un article publié dans le New Yorker, Ronan Farrow brise une omerta et ouvre la porte à un mouvement qui deviendra mondial. Désormais les victimes parlent. Et se lancent sur les réseaux sociaux, les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc qui permettent à des milliers d’anonymes de partager leurs expériences malheureuses du harcèlement sexuel au travail et dans la rue. En fin d’année Time Magazine décide de mettre en couverture ces “briseuses et briseurs de silence” comme personnalités de l’année 2017.
C’est de ces mouvements que dans le journal Le Monde, 100 signataires dont Catherine Millet, Sophie de Menthon, Peggy Sastre, Brigitte Lahaie, Elisabeth Levy et la comédienne Catherine Deneuve se désolidarisent. Elles expliquent : “Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste (…) Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle. Nous sommes aujourd’hui suffisamment averties pour admettre que la pulsion sexuelle est par nature offensive et sauvage mais nous sommes suffisamment clairvoyantes pour ne pas confondre drague maladroite et agression sexuelle.” Ces signataires réfutent ces mouvements féministes qu’elles comparent à une “campagne de délations et de mises en accusation publiques d’individus”. Et mettent en garde contre ses dérives “c’est là le propre du puritanisme que d’emprunter, au nom d’un prétendu bien général, les arguments de la protection des femmes et de leur émancipation pour mieux les enchaîner à un statut d’éternelles victimes”.
Sur les réseaux sociaux, les internautes se déchaînent contre cette tribune jugée réactionnaire et déconnectée des réalités. Catherine Deneuve, pour sa part, s’était déjà exprimée sur le sujet au moment de la promotion du film Tout nous sépare.
Maintenant quand tu vois Catherine Deneuve en TT, tu te dis soit elle est morte, soit elle a encore dit de la merde. Aujourd'hui, elle n'est pas morte.
— Le Kompt Fu (@LeKompt) January 9, 2018
Catherine Deneuve le jour où elle va sortir de son château et se prendre une main au cul dans la rue au nom de la liberté sexuelle, elle va voir tout flou. pic.twitter.com/8RPUaJyivt
— Tania (@TaniaKessaouti) January 9, 2018
Au delà de son contenu, la tribune justifiant des agressions sexuelles et minimisant leur impact pose question sur le positionnement du journal Le Monde pic.twitter.com/S3l9uVMShc
— Alice Coffin (@alicecoffin) January 9, 2018
Des femmes signent une tribune dans @lemondefr pour défendre le droit d'agresser sexuellement les femmes (et pour insulter les féministes).
…
2018 s'annonce bien. ? pic.twitter.com/DL2ACuxhVW— Caroline De Haas (@carolinedehaas) January 9, 2018
Je note aussi que dans cette tribune elles parlent de leurs filles, comment elles vont les éduquer blablabla mais JAMAIS DE LEURS FILS. Hum. ?
— Kiyémis. (@ThisisKiyemis) January 9, 2018
Cette tribune degeulasse n’a été validé que par des femmes qui se font draguer dans des univers feutrés. Mais quand tu te retrouve seule dans un train la nuit avec un mec qui te « drague » lourdement tu ne peux pas adhérer au « droit d’importuner ». https://t.co/DbqdfyFP3O
— Elodie G (@Elodie_G) January 9, 2018
Crédits photos : Backgrid USA / Bestimage